Initiatives des territoires
Des puces RFID pour gérer les arbres de la ville
Type de document : Initiative analysée (monographie)
Description du projet : Avec 95 000 arbres d’alignement, la base de données des bûcherons de Paris avait besoin d’un outil fiable, précis et pratique pour se maintenir à jour. Celle-ci a donc été couplée avec un système d’information géographique : chaque arbre possède une puce et le bûcheron se déplace désormais avec une tablette graphique sur laquelle il peut renseigner à coup sûr et en direct la fiche de l’arbre ou de l’alignement concerné.
Type d’initiative : Utilisation d’un SIG et d’une tablette graphique pour renseigner une base de données métier.
Territoire de projet : Paris
Porteur(s) du projet : Direction des Espaces verts et de l’Environnement de la mairie de Paris
Date de lancement : 04/2003
Avancement (à la date de recueil) : Opérationnel
Date de recueil de l’information : 06/2007
Cible : Les 108 bûcherons de la ville
1.1 Contexte et origines
Le projet est issue d’un besoin de terrain : les bûcherons possédaient une base de données sur les arbres de la ville, mais sans avoir la possibilité de la renseigner facilement, sur place. La base de données, déjà alpha-numérique, permettait de rentrer des données par champs, mais sans être adossée à un système d’information géographique (S.I.G.).
1.2 Objectifs et enjeux
Il s’agit vraiment d’une application métier, qui permet aux bûcherons de renseigner de la façon la plus complète possible la base de données.
L’objectif est de mettre à la disposition des bûcherons-élagueurs de la DPJEV un logiciel de gestion informatisée des arbres d’alignement, utilisable depuis leur atelier (PC), et sur le terrain (tablette graphique). Ce logiciel servira à l’identification des arbres (numérotation des transpondeurs) et à entrer toutes sortes d’informations concernant la gestion individualisée ou groupée des arbres d’alignement : mesures phytosanitaires, plantation, transplantation, élagage, arrosage et fertilisation, traitements, interventions d’urgence, gestion des abattages, déssouchage et fouilles d’arbres.
Celle-ci peut ensuite servir à extraire des statistiques et de faire les bilans voulus sur les interventions comme sur l’état du parc végétal.
2.1 Les acteurs du projet
Deux directions de la mairie de Paris ont porté le projet :
la direction des Espaces verts et de l’Environnement (D.E.V.E.),
la direction des Systèmes et des Technologies de l’information (D.S.T.I.).
C’est la D.E.V.E. qui est à l’origine du projet. Elle a fait appel à la D.S.T.I. car il s’agissait à la fois d’installer une nouvelle solution et de nouveaux équipements adaptés (postes, réseau…).
Le cahier des charges a été élaboré en commun.
Des groupes de travail ont également été mis en place, avec consultation des agents à différentes étapes du projet : contenus des menus, ergonomie…
2.2 Les services proposés
La tablette offre les fonctionnalités suivantes :
accès aux fiches des emplacements ;
accès aux fiches des arbres ;
informations sur les opérations réalisables et réalisées sur un arbre, une série d’arbre ou tous les arbres d’un emplacement : plantation, observations phyto, élagage, arrosage et fertilisation, traitement phyto, proposition d’abattage, liste abattage, résistographe, transplantation, déssouchage et fouille, intervention d’urgence ;
réalisation de requêtes et de bilans ;
impression.
Voici une présentation des interfaces de l’outil embarqué.
2.3 Les publics bénéficiaires
Ce projet concerne les 108 bûcherons élagueurs de la mairie de Paris, qui sont répartis en 9 ateliers.
Chacun des 95 000 arbres d’alignement de la ville de Paris est équipé d’une puce ou d’un tranpondeur installé dans un tube de carbone dans le tronc de l’arbre. Les arbres d’alignement ne comprennent pas les arbres de jardin, qui sont eux dans les squares, parcs et jardins de la ville.
2.4 La dimension financière
Le budget global du projet s’élève à 380 000 €, répartis comme suit :
assistance à maîtrise d’ouvrage : 10 K€ ;
maîtrise d’œuvre : 170 K€ ;
matériel : 200 K€.
3.1 Les étapes de mise en œuvre
Avril à novembre 2003 : définition du projet et des besoins.
Décembre 2003 : validation du cahier des charges.
Janvier 2004 : lancement de la consultation.
Juin 2004 : début de la réalisation.
Octobre 2004 : premiers tests.
Janvier 2005 : début des tests in situ.
Juin 2006 : fin du déploiement.
2007 : nouveau programme de déploiement lié à la réorganisation géographique de la direction des Espaces verts.
2007 : améliorations fonctionnelles à l’occasion de la livraison d’une mise à jour Oracle.
3.2 Les méthodes
Pour mener à bien ce projet, les directions de la mairie de Paris concernées ont mis en place des groupes de travail. Dans un premier temps, ceux-ci ont établi le cahier des charges, en réunissant les bûcherons, puis les informaticiens. Une fois que le marché a été passé, le titulaire a participé à des réunions de spécifications fonctionnelles, qui avaient pour but d’apporter des précisions au fur et à mesure du développement puis du déploiement, de faire des tests et de noter les besoins liés à l’application.
3.4 Les moyens humains
La division des études végétales, de la D.E.V.E., a mobilisé trois personnes (10% de leur temps) sur le projet, pour assurer le soutien techniques. Des personnels de terrain ont également participé au groupes de travail.
La D.S.T.I. a fait appel à deux de ses ingénieurs informatiques pour gérer le projet, à temps partiel également (10%).
3.5 La communication sur le projet
Une journée de formation a été proposée aux bûcherons, sous forme de stages de terrain et de manipulation de la tablette et du poste en atelier. Très intuitive, la solution ne demande pas un gros travail pédagogique : 80% des requêtes se font naturellement et extrêmement rapidement, en quelques clics.
Lors de la mise en place de cette gestion, il y a eu beaucoup d’articles de presse. Le projet a été présenté au Carrefour des possibles de juin 2005, organisé par le FING.
Dans les contacts avec d’autres gestionnaires de collectivités, la direction des Espaces verts et de l’Environnement évoque l’intérêt de cette solution, qui peut ainsi permettre de suivre la progression de ravageurs ou de maladies.
Le cahier des charges a également pu être présenté à d’autres collectivités ayant des projets similaires.
4.1 Les éléments de bilan
4.1.1 Atteinte des objectifs
L’objectif était de fournir aux bûcherons municipaux un outil pratique pour leur travail, qui facilite la saisie et rende possible la rentrée d’informations à chaque fois que c’est nécessaire. Il accompagne donc les moyens d’observation et de mesure. L’outil est opérationnel et est utilisé par tous les ateliers, avec des écarts dans la quantité d’informations saisies d’un atelier à l’autre.
4.1.2. La réponse aux attentes des usagers
Auparavant, les bûcherons devaient se déplacer avec des plans en papier et utiliser les façades et les numéros pour se repérer. Aujourd’hui, tout cela a été remplacé par les tablettes, ce qui est plus moderne et pratique.
4.1.3. Les points forts du projet
Avec le S.I.G., le bûcheron embarque ses plans avec lui en quelque sorte et cette localisation à coup sûr des objets est un gain de temps et de précision dans la qualification des éléments, quels qu’ils soient.
Le projet a d’abord connu un appel d’offre infructueux, car les solutions existantes ne permettaient d’avoir que sept lignes en alpha-numériques par fenêtre sur la tablette embarquée. Aujourd’hui, avec l’évolution des technologies, la solution permet de bénéficier des développement Windows, avec des fenêtre superposables et le raccord avec un S.I.G.
4.1.4 Les perspectives d’évolution
Un plan de maintenance est prévu, afin d’apporter des améliorations fonctionnelles. L’idée est de les intégrer petit à petit. La base Oracle doit bénéficier prochainement d’une nouvelle version qui permettra d’utiliser le réseau pour mettre à niveau les équipements, sans les rapatrier des ateliers. En attendant cette évolution, les améliorations sont mises en suspens.
Par ailleurs, la direction des Espaces verts et de l’Environnement procède à une redéploiement de ses ateliers, qui seront organisé en zone géographique et non plus en distinguant arbres de jardins et arbres d’alignement. Cela va faire passer le nombre d’ateliers de 9 à 13, avec de nouveaux besoins d’équipement.
5.1 Innovation
L’innovation repose essentiellement sur l’association d’un matériel mobile, d’un applicatif et d’un S.I.G.
5.3 Reproductibilité
L’association innovante peut servir dans d’autres domaines, comme la propreté par exemple.
Contact
Pelletier Frédéric, responsable de la gestion informatisée des arbres d’alignement à la division des études végétales de la direction des Espaces verts et de l’Environnement de la mairie de Paris
Téléphone direct :01 53 66 12 87
Email : frederic.pelletier(at)paris.fr




